Abyssinie historique
Voici un périple qui nous amène au cœur de l’abyssinie historique, à travers les âges. La région est déservie par une multitude de chemins ancestraux. Il n’existe ni téléphone, ni électricité, ni eau courante. Les marches alternent avec les vols, nous conduisant d’un village à l’autre, de cases en cases. A chaque fois les mêmes questions, la même foule pressée autour de ces cinq étrangers, les instituteurs nous annonçant que, de mémoire d’homme, jamais personne n’a vu de blancs avant nous… A perte de vue des champs de céréales, des petits villages, des pistes de mules. Embarquez avec l’équipe de 5 pilotes et vivez la seconde journée de cette expédition qui dura 15 jours…
Aérien.
Nous sommes à plus de 4000m d’altitude sous nos chiffons respectifs tandis qu’Alex est posé 2000m plus bas, sur le haut-plateau Abyssin.
Un des pilotes étant au sol, la progression de notre vol bivouac en est stoppée pour la journée afin de ne pas se séparer. Nous profitons du magnifique panorama pour faire une séance photos avec Olivier et Guillaume. Nous avons quitté depuis plusieurs kilomètres la montagne qui nous a abrité la nuit dernière pour voler au dessus de la plaine, en cheminement. La convection est généreuse, l’après-midi avancée nous permet de monter de tout côtés, les ‘dusts-devils’ peuplent la plaine. Appliqués à faire de belles images, nous entendons subitement la radio cracher l’appel au secours du cinquième larron. Ce dernier s’est posé à l’orée du village, en dessous. Il nous dit avoir un bon millier de personnes autour de lui et les mouvements de foule ne sont pas pour le rassurer. Vu d’en haut nous avons de la peine à le croire: j’avais bien remarqué un marché, mais il me semble qu’il exagère. Un millier de personnes ne passe pas inaperçu, même avec 2000m d’altitude. Le ton de sa voix nous convainc malgré tout de descendre rapidement.

A mesure de notre perte d’altitude j’aperçois bientôt la voile étalée à l’orée du village, puis une véritable fourmilière qui déverse sa population par toutes les ruelles environnantes. Je me pose en premier à deux cents mètres de notre ami, le plus loin possible. J’ai à peine le temps de prendre ma voile en boule que des mouvements de foule me bousculent et piétinent mon matériel. Ils veulent tous observer ces Farenjis (étrangers) arrivés en « parachute ».
Suite dans une semaine, lorsque j’aurais pris le temps de traiter d’autres photos…
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