Suite de l’article sur la préparation physique et le parapente, parution dans Aérial de l’hiver dernier.
Le foncier
Le foncier permettra au corps de se préparer aux contraintes liées au vol, en particulier au stress hydrique et hypoglycémique. Il facilitera la mise en œuvre de filières énergétiques qui seront ensuite utilisées durant les longues périodes de pilotage. On s’orientera plus volontiers vers la natation, la randonnée, le vélo. En hiver, pour les chanceux qui habitent en montagne, le ski de fond ou de randonnée sera aussi une bonne façon de se préparer. Le foncier peut également être travaillé dans les sports
précédemment cités (sports collectifs). Ce type de travail sera à préférer lorsque le pilote souhaite se préparer à un séjour ou une période particulièrement intense au regard de sa pratique habituelle : un séjour dans les Alpes avec des vols quotidiens pour un pilote occasionnel, une compétition s’étalant sur plusieurs jours pour le compétiteur ou une fenêtre météo attendue avec impatience au printemps par le pilote de CFD. Pour exemple, Julien Irilli, pilote de niveau international et montagnard de longue date, trouve dans ses activités (escalade, glace, alpinisme, ski-alpinisme) une culture de gestion du corps lui permettant de se libérer des contraintes physiques du vol pour se concentrer sur le mental et la tactique.
L’explosif
Les sports à caractère explosif vont avoir aussi leurs avantages. Ils permettront un affinage intéressant de l’image corporelle et en particulier de la représentation du corps dans l’espace. C’est à partir de cette représentation que le pilote aura une action de contrôle de sa voile, lui permettant ainsi de piloter. La principale source d’information est visuelle, mais nous utilisons également tous une information corporelle, par l’intermédiaire de la sellette, de l’effet pendulaire de la voile, de la sensation de centrifugation. En termes technique c’est une compilation de trois informations fournies par les organes visuel, vestibulaire (oreille interne) et kinesthésique (muscles, tissus péri-articulaires).
Remarque au passage, le ‘vertige vrai’ est un conflit entre les informations visuelles et vestibulaires, provoquant des sensations nauséeuses et de rotation, à différencier de l’appréhension du vide. Augmenter la qualité des informations permettra ainsi d’affiner également son pilotage. C’est un point particulièrement important, voire primordial, lors de tout apprentissage d’une nouvelle activité ou d’un nouveau geste technique. Le pilote aura ainsi un meilleur contrôle postural, lui permettant d’avoir une réponse adaptée et rapide à toute sollicitation extérieur d’ordre sécuritaire, de pilotage ou d’apprentissage. La sangle abdominale, le dos et les membres inférieurs verront leur tonus augmenter, favorisant leur réactivité en cas de besoin. Le gainage du tronc (tonus abdominal et dorsal) est souvent sollicité lors de mouvements violents de la sellette, en cas d’incidents de vol (fermetures) ou de manœuvres de voltige. En situation d’impact le travail de prévention fera une grande différence sur les conséquences physiques du pilote. A l’image du chat qui retombe sur ses pattes, le pilote augmente ainsi son capital réactif en améliorant ses capacités physiques. Quelques activités pratiquées par des pilotes de haut niveau : Badminton, tennis, ski, escalade.
S’adressant à tous pilote soucieux de confort de vol, cette préparation physique s’appliquera de façon totalement informelle lors d’une activité sportive complémentaire, ludique et ciblée. Pour le pilote en quête de performance elle peut aussi se formaliser par l’intermédiaire d’objectifs, de moyens et d’outils d’évaluations. Il sera alors intéressant de se rapprocher de professionnels pouvant répondre à ce besoin : salle de sport encadré par un Brevet d’Etat, kinésithérapeutes, clubs de sport, préparateur physique. Votre médecin traitant est là pour répondre à toutes vos questions sur le sujet.
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