La Jordanie propose d’associer visite historique, douceur de vivre, désert et vol libre. Le tout au début du printemps ou en fin de saison, lorsque les grisailles automnales ont repris leurs droits sur les vallées et monts gallois.
Le temps de vivre.
Des cyprès ondulent dans le vent derrière un muret de pierres ocre. Une voie, pavée de cette pierre extraite des falaises alentours, coule à leurs pieds et promène tranquillement le visiteur dans le village. Celui-ci, perché sur une avancée naturelle, voit descendre des jardins sur son flanc en immenses marches de pierres sèches ceignant de chaudes couleurs des paliers de verdure piqués de peupliers, figuiers ou plants de vigne. Par moment la quiétude de ces vieux murs est surprise par un adolescent dévalant la route, juché sur un âne qu’il mène sans ménagement ou bien par deux gamins qui se coursent joyeusement à travers les ruelles, faisant résonner des accents de joie de vivre entre deux jets de cailloux. Les maisons basses aux toits plats s’organisent au gré de l’imagination d’un architecte antique peu soucieux d’une logique urbanistique. Les murs se chevauchent, des angles s’enfoncent dans la maison voisine, jusqu’au bout du promontoire. Des fissures courent sur les murs de pierres apparentes, des pièces sont éventrées, des toits effondrés en l’absence de tout propriétaire. Par endroit un mur remonte doucement et retrouve une seconde jeunesse, un liteau de porte réapparaît, un enduit habille une façade, la vie investit à nouveau le village, lentement. De longues falaises ceinturent le village à l’opposé des jardins, donnant un petit air de Gourdon à cette Jordanie assoupie. Une longue vallée s’ouvre vers l’ouest, descendant vers la plaine en sinuant doucement entre les rouges, ocres et dorés d’une roche travaillée par le temps, façonnée par le vent, où le soleil trouve plaisant d’aller se coucher.
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Derrière, le fond du cirque se ferme par une longue pente zébrée de petites falaises stratiformes, chapeautée d’une formation rocheuse noire en forme d’orgue, d’origine volcanique.
Tout près, au bord du plateau, le décollage surplombe le village et invite au vol. Celui-ci, en thermodynamique, nous amène à flotter d’une falaise à l’autre, entrecoupé de longues glissades permettant d’aller admirer le patchwork des maisons de Dana. Le temps s’écoule tranquillement pour qui sait s’arrêter et écouter le rythme d’une vie simple, en fumant lascivement un narguilé sur les coussins d’une terrasse ombragée.
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Le thé, l’accueil.

Changement d’ambiance en arrivant sur Wadi-Musa, à côté de Pétra. Voici le second site touristique du Moyen-Orient après les pyramides d’Egypte. Les Nabatéens ont taillé en ces lieux d’imposants monuments dans la roche multicolores, donnant à la région un intérêt historique indéniable pour tout voyageur pratiquant les routes de ce pays. La petite ville à proximité du site pousse comme un champignon. Pas de vieux quartiers ni de vieilles pierres, les hôtels se partagent l’espace avec les restaurants en communiquant à grand renfort de panneaux publicitaires. La rue principale déborde d’une vie sonore exubérante : le klaxon est autant utilisé pour saluer un ami, solliciter un client ou prévenir d’un dépassement hasardeux. Bien que le code de la route semble inexistant, tout se passe en douceur entre conducteurs. Le franchissement d’une intersection se fait systématiquement au pas, personne n’étant sûr d’avoir la priorité pour passer, sous le regard bienveillant d’un policier en faction dans sa guérite au centre du rond point.
En déambulant sur les trottoirs les invitations à boire le thé fusent : un sourire au menuisier qui termine son meuble, au cordonnier dont le client attend pieds nus sur le fauteuil à côté, au barbier ou au meunier et voici qu’un verre de thé apparaît dans votre main. Dans un coin de l’échoppe une théière, toujours chaude et pleine, attend qu’un invité prenne le temps d’échanger trois mots amicaux. Plus proche du secteur touristique une proposition d’excursion dans le désert ou à cheval émane de temps en temps d’un passant croisé au détour d’une ruelle. Celle-ci n’est jamais forcée, jamais répétée. La vie trépidante se rapproche des canons occidentaux où chaque rue a son café internet tandis que les taxis patrouillent à l’affût du client. Dans une grande combe proche, ouverte vers le Jourdain, le site de vol présente trois orientations différentes pour un vol d’ouest en thermique ou en dynamique suivant les conditions. Le terrain est très pierreux, broussailleux et nécessite une petite séance de nettoyage avant d’installer son aile. Le plateau en arrière sur lequel s’appuient les différents décollages contraste avec la roche qui ferme la combe en contrebas, en forme de bougie fondue, travaillée par le vent au cours du temps. La verdure printanière des champs souligne les parties plates de la région et contraste avec les chaudes couleurs du grès. A l’atterrissage, le thé est certainement prêt, peut être même le repas bédouin ? Prenons le temps…
Le désert, terrain des waggas.

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Plus au sud, le désert du Wadirum lance vers le ciel de magnifiques tours rocheuses au pied desquelles de grandes pentes de sable font le bonheur des pilotes. L’analyse et l’imagination du visiteur volant va pouvoir s’exprimer dans ce royaume du dynamique et des waggas. Le bivouac au creux d’un rocher offre un accueil en fin de journée pour passer une nuit étoilée, loin de toute pollution urbaine. Le temps reprend ses droits loin de la trépidation sociale, la douche attendra un peu, place à la contemplation.
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De la vie nomade des bédouins à la modernité occidentale, ce jeune pays vit en grand écart. Le voyageur trouvera en ces lieux autant de douceur et de tranquillité que de confort aseptisé. A chacun de se construire son voyage au gré de sa recherche et des rencontres.
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Jordanie Pratique
Manger, dormir, se déplacer :
Au quotidien, les routards pourront manger partout sur le pouce pour une bouchée de pain : shawarmas, felafels, shish-taouks et ‘chai bin nana’ (thé à la menthe), ils trouveront des petits hôtels à budget serré à tous les arrêts touristiques.
La Jordanie a beaucoup misé sur le tourisme et les infrastructures, hôtels, restaurants existent pour tous les budgets.
Les transports en commun, soit exclusivement les bus, sont assez développés et très peu chers (bus) pour aller d’une ville a l’autre, mais ils utilisent principalement la morne ‘autoroute du désert’ dans un bien pragmatique soucis de gain de temps. Sillonner le pays par la bucolique ‘Route des Rois’ en bus sera certe plus charmant mais demandera de ne pas être trop pressé.

Visa, argent, saisons :
Formalités : pour les français, un visa à prendre a l’arrivée à l’aéroport (10 JOD). Avoir 20 euros dans les poches en arrivant pour faire du change et payer votre visa.
Monnaie : le dinar jordanien vaut quasiment un euro (en mai 2006 : 1JOD= 1.04059 €). Des distributeurs ‘Visa’ se trouvent partout et la carte internationale sera acceptée dans de nombreux grands hôtels, restaurants ou magasins touristiques
Saisons : printemps et automne sont en général les saisons les plus favorables au vol. Le vol au printemps sera plus tonique, mais c’est aussi la saison ou le pays est le plus beau, tout en fleurs et en verdure. L’automne offrira des belles conditions de vols plus apaisées mais dans un paysage bien sec. L’été est quant à lui plus stable, mais permet aussi de bien voler sur sites. La chaleur dans le sud pourra être parfois écrasante.

Voler :
Comme l’indique le titre de la rubrique, la Jordanie est un pays assez pratique à visiter et où voler : les sites de vols sont tous sur la même route, ‘La route des Rois’. Ils sont repartis sur un axe Nord-Sud sur une distance d’environ 250 km., et ne sont jamais bien loin des immanquables touristiques du Pays (Petra, Dana, Jerash, le Rum, Karak, Madaba, etc.).
King Talal Dam : petit site en Ouest, en thermo-dynamique dont le principal intérêt est de permettre de voler dans les collines du nord, en rentrant sur Amman d’une journée de visite à Jerash.
Wadi Mujib : c’est assez plaisant et impressionnant de se mettre en l’air dans cette grande faille taillée dans les hauts plateaux du Moab. Le seul petit soucis peut être la taille réduite des atteros possibles en bas si on ne peut reposer en haut… un site pour pilote débrouillé.
Kerak : très prometteuse crête en Sud, le vol y semble très facile pour de belles séances de soaring le long de la dizaine de kilomètres de cette crête.
Wadi Hassa : ici aussi un cadre magnifique où se mettre en l’air en passant, pour le plaisir des yeux…
Dana :le coup de coeur, un cadre exceptionnel, un site unique, un petit village magique, que du bonheur ! Là encore, repose en haut plutôt recommandée.
Petra : 3 décos dans le cirque de Beida, un site très agréable, avec des belles possibilités de vol. Comme de plus on est à 10 km. de Petra, on peut prévoir de rester voler ici quelques jours.
Wadi Rum : voler dans le Rum n’est pas si évident, les reliefs et les brises ne semblent jamais vouloir vous aider… La solution : jouer près du sol, et essayer de gratter sur le relief depuis les dunes de sables attenantes. LE spot : la pente école de Disi, 10km vers l’Est après le village de Disi : un régal de dune à waggas avec possibilités de vol en soaring, bien orientée dans la brise. Jouons avec notre aile, c’est bon pour la santé !
Bien plus d’infos pratiques relatives aux sites de vol jordaniens sur www.ParaglidingEarth.com

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Vous ne partirez pas sans avoir :
- flotté dans la mer morte,
- bu un thé offert au bord de la route,
- vu Petra,
- eu un quart d’heure de méditation devant le panorama à Dana,
- bu un thé offert au bord d’un chemin,
- dormi et regardé les étoiles dans le désert du Rum,
- bu un thé offert à l’attéro,
- avoir appris à dire ‘bonjour’, ‘merci’, ‘pas de problèmes’ en arabe,
- re-bu un thé…
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un grand merci à l’ami Raph sans qui se billet n’aurait pas cette qualité. C’est également grâce à lui que nous avons effectué ce sympathique voyage à l’occasion d’un stage initiation, encadré ensemble à Pâques 2007.
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